La nouvelle star du r’n'b anglais séduit davantage par sa plastique que par sa créativité musicale. Mais son «Alesha Show», qui contient des tubes en puissance, renversera plus d'un amateur «Cher public, prenez place... voici venir l'Alesha Show!» susurre Alesha Dixon en introduction de son album. Au menu de ce spectacle affriolant? Un physique «bombesque», une voix mutine et une production béton. Et la recette est efficace puisque «The Boy Does Nothing», premier single issu de «The Alesha Show», tourne en boucle sur les radios et chaînes musicales européennes. Normal, ce titre contient tous les ingrédients qui mènent au carton: un mambo au charme suranné, un refrain entraînant, une mélodie qui se retient facilement. Bingo! Malgré tous ces superlatifs, vous ne connaissez pas encore Alesha Dixon? Tentez donc la recherche sur Google. Et ne vous étonnez pas de trouver davantage de photos ou de news people que d'entretiens ou de critiques d'album. Car Alesha Dixon, c'est avant tout une image. Dans le r'n'b de masse, il faut désormais miser sur autre chose que la musique pour se distinguer. En ce sens, elle est un produit extrêmement bien réussi. Si bien réussi qu'elle a été baptisée la «Beyoncé anglaise». Mais avant de tenter les comparaisons, il faut replacer le personnage. Alesha Dixon n'est pas née de la dernière pluie mais plutôt de l'union entre un père jamaïcain et une mère anglaise. Son CV évoque ses débuts de danseuse avant qu'elle n'affûte ses armes au chant dans le groupe Mis-Teeq, un girlband aujourd'hui dissous, auteur de quelques tubes internationaux au début des années 2000. En 2005, la belle rêve d'émancipation, mais rate son envol avec un premier album solo. Jetée hors de son label, elle se console dans le mannequinat et la danse. C'est à cette époque qu'elle apparaît dans le clip de N.E.R.D., «She Wants to Move» et qu'elle remporte le concours de danse télévisé «Strictly Come Dancing». Mais c'était sans compter sur une détermination à toute épreuve qui la pousse vers ce nouvel album, «The Alesha Show». Que vaut-il vraiment? Ne cherchez pas d'idées originales ni de renversement de tendances. Alesha n'est pas là pour ça. Mêlant r'n'b, soul, funk et mambo, cet album offre autant de tubes potentiels que de chansons très moyennes. La voix mutine et singulière d'Alesha s'adresse un peu aux femmes («The Boy Does Nothing») et beaucoup aux hommes. Comment lui résister lorsqu'elle lance d'un air sexy un «Italians Do It Better», un «Ooh Baby, I like It Like That» ou un «Let's Get Excited»? Vous voilà prévenus... Si après ces invitations, vous ne succombez pas, il ne vous reste plus qu'à vous replonger dans la discographie de Desireless.